Histoire d’un personnage : Félicité

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler d’un personnage qui me suit depuis des années. Ce n’est pas le plus flamboyant, mais sa trajectoire m’est chère, car elle le situe aux confins de mes influences littéraires et de ma pratique de jeu. Il m’a même suivie assez longtemps pour être le protagoniste d’une des nouvelles du Désespoir de l’affichiste. Ce personnage, c’est Félicité.

La nouvelle L’Amant de la rosière raconte l’histoire d’une petite femme de chambre de Honfleur (d’où le tableau de Seurat en couverture). Courtisée par un ancien ami d’enfance devenu marin, elle fait tout pour repousser ses avances afin de préserver sa vertu. Mais la veille de son départ en mer pour six mois (souvenir de Pêcheur d’Islande de Pierre Loti, avec sa pêche à la morue), elle accepte de l’accompagner au bal, et devra développer des trésors d’inventivité pour maintenir son monde à flot et sauver sa réputation.

Une femme de chambre normande nommée Félicité ne peut qu’évoquer Flaubert. Or, Félicité est d’abord un ancien personnage de jeu de rôle dont le concept tient en cette seule ligne, tirée du Dictionnaire des idées reçues…

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Réécrire

Depuis l’été, je réécris mon roman. L’optimiste en moi dira que c’est la dernière ligne droite, qu’après cela, ce roman qui me hante sera achevé, prêt à être empaqueté comme une bête à l’abattoir pour ceux qui l’attendent et, surtout, ceux ne l’attendent pas. Mais elle est souvent contredite par la partie de moi qui a choisi pour titre de roman La Pratique du nihilisme en plein air.

La réécriture est un moment passionnant mais difficile. Malgré les conseils, malgré les ateliers, j’en viens souvent à douter de la légitimité de mon projet, de mes choix narratifs et de mes prises de risque. Sans doute parce que retoucher sans cesse un texte et en déplacer les contours nous amène à réfléchir profondément à ce que nous fabriquons comme littérature.

5 livres que je possède en plusieurs éditions (et pourquoi)

Quand j’ai terminé le dernier classement, désherbage et tri en date, je me vante de ma bibliothèque. C’est la dernière chose à faire. D’une part parce qu’un monstre poilu a vite fait de mettre le bazar dans le classement alphabétique des dernières étagères de littérature (vous en avez la preuve ci-dessus), d’autre part parce que je ne gère pas si bien l’espace réduit qui m’est imparti. Ça se targue d’être une bonne conservatrice en devenir, et ça ne sait même pas indexer correctement sa bibliothèque. Ça achète même, parfois, des éditions en double. N’importe quoi.

S’il est logique d’avoir plusieurs exemplaires de livres très demandés dans une bibliothèque publique (manuels pour les étudiants, best-sellers très demandés), comment justifier qu’on multiplie les éditions sur nos étagères personnelles ? C’est à cette question que je vous invite à réfléchir avec moi, à partir de cinq exemples.

Écrire le XIXème siècle [3/3]

Pour illustrer ce troisième article, je me suis trouvée face à un dilemme. La logique, l’honnêteté intellectuelle et le bon sens auraient voulu que je choisisse une date du début du siècle et que je vous bombarde de représentations Consulat ou premier Empire. Mais alors je n’aurais pas pu ouvrir cet article par une affiche représentant Cléo de Mérode considérée comme symbole populaire, et ça aurait été dommage. Je n’aurais pas pu non plus parler des bornes temporelles du XIXème. Parce qu’avec des images de 1789 ou de 1905, aurais-je réellement été hors sujet ?

Écrire le XIXème siècle (2/3)

Je n’ai découvert l’existence de la révolution de 1848 et de la Commune de 1870 qu’avant d’entrer en hypokhâgne. La France du XIXème siècle, de Francis Démier, était au programme des lectures d’été, et j’ai été fascinée tant par ce laboratoire démocratique à ciel ouvert que par ses espoirs rapidement piétinés. C’est peut-être à ce moment-là que cette époque m’a définitivement attrapée : c’était le siècle de tous les apprentissages. Alors pour faire honneur à cette première rencontre avec le XIXème, j’illustrerai ce deuxième article d’images datant de 1848. C’est déjà un autre monde qui s’ouvre devant nous.

Je vous propose justement, pour cette troisième astuce, de profiter de ces paysages champêtres : partons en voyage, en coche, bateau à vapeur ou en train !

Écrire le XIXème siècle (1/3)

Je vous propose six astuces pour incarner davantage votre XIXe siècle, qu’il soit réaliste ou mâtiné de fantastique, résolument historique ou uchronique. L’idée n’est pas de tout lire, mais d’y picorer selon vos besoins de petits faits vrais qui renforceront l’illusion.