S’autoriser à sortir des prescriptions littéraires : cinq livres « cocooning »

(Image de couverture :  Alisa Anton) On a souvent tendance à sanctifier l’objet-livre, vecteur de culture contre un monde en ruine. Or cette acception symbolique, bien que pertinente, empêche d’envisager l’acte de lecture sous toutes ses formes. S’il peut être rassurant de faire du livre … Continuer la lecture de S’autoriser à sortir des prescriptions littéraires : cinq livres « cocooning »

Histoire d’un personnage : Félicité

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler d’un personnage qui me suit depuis des années. Ce n’est pas le plus flamboyant, mais sa trajectoire m’est chère, car elle le situe aux confins de mes influences littéraires et de ma pratique de jeu. Il m’a même suivie assez longtemps pour être le protagoniste d’une des nouvelles du Désespoir de l’affichiste. Ce personnage, c’est Félicité.

La nouvelle L’Amant de la rosière raconte l’histoire d’une petite femme de chambre de Honfleur (d’où le tableau de Seurat en couverture). Courtisée par un ancien ami d’enfance devenu marin, elle fait tout pour repousser ses avances afin de préserver sa vertu. Mais la veille de son départ en mer pour six mois (souvenir de Pêcheur d’Islande de Pierre Loti, avec sa pêche à la morue), elle accepte de l’accompagner au bal, et devra développer des trésors d’inventivité pour maintenir son monde à flot et sauver sa réputation.

Une femme de chambre normande nommée Félicité ne peut qu’évoquer Flaubert. Or, Félicité est d’abord un ancien personnage de jeu de rôle dont le concept tient en cette seule ligne, tirée du Dictionnaire des idées reçues…

Réécrire

Depuis l’été, je réécris mon roman. L’optimiste en moi dira que c’est la dernière ligne droite, qu’après cela, ce roman qui me hante sera achevé, prêt à être empaqueté comme une bête à l’abattoir pour ceux qui l’attendent et, surtout, ceux ne l’attendent pas. Mais elle est souvent contredite par la partie de moi qui a choisi pour titre de roman La Pratique du nihilisme en plein air.

La réécriture est un moment passionnant mais difficile. Malgré les conseils, malgré les ateliers, j’en viens souvent à douter de la légitimité de mon projet, de mes choix narratifs et de mes prises de risque. Sans doute parce que retoucher sans cesse un texte et en déplacer les contours nous amène à réfléchir profondément à ce que nous fabriquons comme littérature.

5 livres que je possède en plusieurs éditions (et pourquoi)

Quand j’ai terminé le dernier classement, désherbage et tri en date, je me vante de ma bibliothèque. C’est la dernière chose à faire. D’une part parce qu’un monstre poilu a vite fait de mettre le bazar dans le classement alphabétique des dernières étagères de littérature (vous en avez la preuve ci-dessus), d’autre part parce que je ne gère pas si bien l’espace réduit qui m’est imparti. Ça se targue d’être une bonne conservatrice en devenir, et ça ne sait même pas indexer correctement sa bibliothèque. Ça achète même, parfois, des éditions en double. N’importe quoi.

S’il est logique d’avoir plusieurs exemplaires de livres très demandés dans une bibliothèque publique (manuels pour les étudiants, best-sellers très demandés), comment justifier qu’on multiplie les éditions sur nos étagères personnelles ? C’est à cette question que je vous invite à réfléchir avec moi, à partir de cinq exemples.